Ardoisier

Les métiers d’antan: ardoisier

Vous vous êtes déjà surement demandé d’où provenaient les tuiles d’ardoise que l’on retrouve sur les magnifiques toitures des châteaux bretons. Nous vous expliquons tout au sujet des ardoisiers de l’époque et de leur quotidien.

L’ardoisier est un artisan travaillant dans les carrières de schiste. Son quotidien alternait entre fendre les blocs de schiste et tailler les ardoises pour en faire de magnifiques tuiles. Ils étaient également amenés à extraire le schiste ardoisier des mines.

L’histoire des ardoisières en France

À partir du XIIe siècle, on observe l’émergence de l’exploitation ardoisière en France. C’est notamment dans les Ardennes et vers Angers que l’on observe les premières carrières à ciel ouvert.

Au XVIe siècle, on a les premières exploitations de l’ardoise en Bretagne qui se développent avec le passage de la couverture de chaume à celle en ardoise. C’est au milieu du XVIIIe siècle que les premières extractions minières sont réalisées en Finistère. On travaille parfois dans une chambre souterraine, dans laquelle on descend par un puits.

Le développement industriel au début du XIXe siècle permet le développement de l’extraction souterraine et donc des mines de schiste. Cela entraîna donc une augmentation de la production d’ardoises à cette période.

Mais peu de temps après, la crise des années 1930 frappe durement le secteur ardoisier et entraîne peu à peu la fermeture des carrières malgré la mécanisation et la modernisation effectuées par les entreprises.

Les usages du schiste

Le schiste est un matériau de construction. Elle l’est d’ailleurs depuis le néolithique comme on peut le voir sur l’allée couverte de la Roche-aux-Fées constituée d’éléments de schiste rouge.

L’utilisation la plus importante de schiste ardoisier est pour les tuiles de toiture. Ces tuiles sont généralement coupées en petits morceaux pour être utilisées comme matériau de couverture.

Ce type de toiture était très populaire de la fin des années 1800 au début des années 1900 que l’on retrouve notamment sur les maisons de maître et les châteaux bretons.

Le métier d’ardoisier

Les carrières de schistes sont également appelées « ardoisières ». Et ce sont dans ces ardoisières que les ardoisiers faisaient labeur dès leur première ouverture à partir du XIIe siècle. C’est un métier qui se transmet de génération en génération et souvent lorsque l’on commençait à travailler dans une ardoisière, c’est qu’on avait un oncle ou un cousin qui y travaillait déjà. À l’époque, les ardoisiers commençaient leur carrière à l’âge de 14 ans environ.

Leur travail consistait à fendre les blocs de schiste et à tailler l’ardoise. Il fallait être précis et avoir un œil aguerrit pour comprendre et détecter les différentes aspérités de la pierre pour savoir à quel endroit la fendre.

Les ardoisiers étaient payés à la pièce et il fallait réaliser environ 10 000 pièces par mois pour gagner sa vie, c’est-à-dire 400 à 500 par jour.

On taillait la pierre dehors pendant les beaux jours et les jours de pluie chaque fendeur avait sa cabane. Les jours de gel, il fallait être vigilant, car l’ardoise supporte mal le gel, elle se casse plus facilement. Il fallait donc l’humidifier en permanence et travailler les doigts mouillés sous 0 °C.

Les ardoisiers ne faisant pas le minimum de rendement exigé étaient envoyés extraire les blocs dans la mine pendant 1 mois, c’était leur sanction.

Malheureusement avec l’arrivée des machines et la demande de toitures d’ardoise qui faiblit, le métier d’ardoisier a disparu en même temps que la fermeture des carrières. De nos jours, les tuiles d’ardoise sont principalement importées depuis l’Espagne.

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