Apothicaire

Les métiers d’antan: apothicaire

Vous vous demandez en quoi consistait réellement le métier d’apothicaire ? Restez avec nous, nous allons découvrir ensemble comment est apparu ce métier et en quoi il consistait.

Les apothicaires étaient les pharmaciens d’antan. Ils mettaient au point des remèdes, des décoctions et prescrivaient des traitements pour soigner les maux de leurs patients.

L’histoire des mots

Pour commencer, nous allons retracer ensemble l’histoire de ce métier d’antan.

Cette nouvelle vous étonnera sûrement, mais les croyances populaires voulant que l’apothicaire soit l’ancêtre du pharmacien ne sont pas totalement vraies.

Si nous remontons dans l’histoire, nous nous apercevons que le métier de pharmacien est apparu bien avant le métier d’apothicaire.

Afin de démêler le vrai du faux, nous allons ensemble retracer l’histoire des mots.

L’apothicaire et le pharmacien

Pendant l’Antiquité, l’art d’employer les médicaments ou poisons s’appelait pharmakeia qui se traduit pharmacie en langue française. Ce terme est employé tout au long de l’histoire en conservant son sens propre.

En revanche, le mot grec pharmakeus, qui veut dire pharmacien, a subi bien des torts pendant quelques siècles.

Sous l’Empire romain, les médecins répondant au nom de pharmaceuta exerçaient la médecine médicamentée ou la pharmaceutique.

Au Moyen-Âge vers le XIIIe siècle, le mot apothicaire apparaît dans la langue française. Il qualifie les professionnels capables d’exécuter les ordonnances délivrées par un médecin et ceux qui revendent les drogues. À l’époque, on qualifie de « drogue » les remèdes, mais également les poisons.

Le mot apothicaire vient du grec apothèquè qui veut dire lieu de dépôt ou boutique. La langue française s’en est donc servie pour désigner celui qui dessert la boutique aux drogues, la pharmacie. Et c’est ainsi que le mot pharmacien perdu de son utilité à partir du XIIIe siècle.

Un tournant pour le terme approprié

À partir du XVIIe siècle, on retrouve le mot pharmacien qui est employé comme synonyme d’apothicaire dans les Archives départementales de la Gironde datant de 1640 découvertes par E.-H. Guitard.

La nuance entre ces deux mots indique que le pharmacien est expert en « l’art de pharmacie » alors que l’apothicaire continue à désigner celui qui tient boutique. Tous les pharmaciens ne sont pas apothicaires et certains apothicaires sont de mauvais pharmaciens.

Au XVI et XVIIe siècle, les médecins critiquent énormément la profession d’apothicaire, les décrivant comme charlatans, car ils n’étaient pas forcément bons dans l’art de la pharmacie. Ces derniers veulent retrouver leur crédibilité et acceptent donc l’appellation de pharmaciens. Une déclaration royale en 1777 supprimant le Jardin des Apothicaires pour laisser place au Collège de Pharmacie, leur offre cette nouvelle opportunité.

C’est donc à ce moment-là que le terme apothicaire disparaît sans pour autant que le métier ne disparaisse. Il laisse ainsi reparaître le terme pharmacien qui évoque les temps héroïques de l’Antiquité.

Le quotidien de l’apothicaire

Les apothicaires étaient donc les boutiquiers de pharmacie d’autrefois. Ils transmettaient leur savoir à leurs apprentis qui reprenaient ensuite la boutique et qui le transmettaient à leurs tours à la génération suivante.

Ils fabriquaient des médicaments en combinant des plantes, des minéraux, des parties d’animaux ou d’autres substances trouvées dans la nature avec de l’alcool ou de l’eau. Un bon apothicaire était un expert en herbes et savait comment mélanger les ingrédients à des fins diverses, comme le traitement des maladies ou le soulagement des douleurs.

Mais il pouvait aussi y avoir des charlatans qui ne possédaient aucune connaissance en pharmacie et pourtant vendaient leurs drogues comme nous l’avons mentionné plus haut. C’est aussi de là que provient l’expression « compte d’apothicaire » qui désigne une facture difficilement vérifiable tellement le montant est tellement complexe et élevé.

Comme ils tenaient des boutiques, les apothicaires ne vendaient pas seulement des médicaments, mais aussi des parfums, des épices et même des cosmétiques.

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